Chantal Francœur(Bas-Saint-Laurent)
27 mars - 12 avril 2026

Crédit photo : Nathalie Saint-Pierre

Crédit photo : Jean Lesage

Crédit photo : Chloé Giroux Bertrand

Crédit photo : Nathalie Saint-Pierre
Strates de résonances :
les rivières Restigouche et Matapédia en avril
​
Le projet consiste à réaliser une composition sonore dans un temps court et à un moment peut-être critique. En une dizaine de jours et alors que des glaces pourraient être encore présentes sur les rivières Restigouche et Matapédia, je souhaite prendre le pouls de ces cours d’eau. Concrètement, je veux faire une cueillette phénoménologique et sonore en oeuvrant auprès des rivières avec la même démarche que celle que je mobilise pour le fleuve Saint-Laurent.
Je souhaite aller à la rencontre de la Restigouche et la Matapédia, leur faire honneur. Dépasser le côté intimidant de la Restigouche, l’une des rivières les plus réputées au monde pour ses stocks de saumon, et la rivière Matapédia, le plus célèbre affluent de la dizaine que compte la Restigouche. Les questions guidant ma collecte sont : Quelles sont les marques sonores de ces rivières? Quelles impressions font-elles, quelles empruntes laissent-elles sur l’esprit, le corps, le cœur? Quels sont leurs effets?
​
Je serai sur le terrain tôt le matin, lorsqu’il y a moins de sons parasites, pour la cueillette sonore. Je côtoierai les rivières à d’autres moments de la journée pour la récolte d’impressions, la quête de signaux dévoilant l’essence des rivières. Le soir je rédigerai des textes traduisant la poésie émanant des rivières. J’enregistrerai des extraits de ces textes récités. À mi-parcours, j’interviewerai une experte de ces rivières, Carole Anne Gillis, Directrice de la recherche au Gespe'gewa'gi Institute of Natural Understanding, pour intégrer une part de science au montage sonore car la science aide à donner une voix à la nature.
​
Je réaliserai ensuite un montage mixant les sons des rivières, ma voix chuchotant de la poésie et la voix de la chercheure. Je composerai une œuvre d’une durée de cinq à dix minutes. La vitalité, la puissance, l’agentivité des rivières seront mises de l’avant. Leur présence incontournable et incontrôlable imprègnera la composition. Les strates de résonances des rivières vont se révéler à travers les sons, la poésie, la science.
À la fin de la résidence, j’aimerais proposer une écoute publique de la composition. Les discussions à la suite de l’écoute feront écho aux différents niveaux de résonance des rivières : les personnes feront état de leurs relations variées et de leur expertise personnelle de ces rivières – sont-elles des voisines, des toiles de fond, des présences hostiles lors des débâcles, des inspirations, des marques d’identité? Une écoute publique d’une composition sonore amplifie la connivence et le sentiment de parenté. Les ondes des rivières et des gens vont réverbérer, l’affect collectif vibrera, humains et non humains ensemble.
​
Liens sonores
​
Intime des glaces
« Immersion dans le froid, les micro mouvements et le grain des voix. Ici, même les sons inaudibles font vibrer le corps. »
​
​
Bécasseaux!
« Le phénomène et la phénoménologie des bécasseaux. Art et science. Coexistence. »
​
Marées basses
« Humains, autres qu’humains : un seul cœur qui bat. »
​
​
​
présentation Samedi 11 avril
de 11h à 13h
