Sous, hiboux, bijoux
Yen-Chao Lin (Montréal)
Vernissage, Jeudi 6 août à 17h
Exposition 6 août - 12 décembre 2026
Jeudi, vendredi, samedi, 12h-17h
L’exposition Sous, hiboux, bijoux regroupe plusieurs œuvres de Yen-Chao Lin qui démontrent la diversité et la maîtrise de l’artiste pour différents médiums. Son travail se décline par le biais d’œuvres sur papier, d’installations sculpturales et de films expérimentaux, pour lesquels l’artiste privilégie l’usage d’objets facilement accessibles. Le titre de l’exposition parodie le nom du jeu de main roche-papier-ciseauet s’inspire de la forte composante ludique essentielle à son processus créatif, bien que des références plus sombres soient toujours sous-jacentes.
Cherchant à créer des liens entre le contexte ferroviaire et des œuvres d’art contemporain, la Gare de Matapédia s’est naturellement intéressée à la sculpture As above so bellow (2025), élément principal de l’exposition. Suspendue dans les airs par des fils de pêche invisibles, la première partie de cette œuvre est constituée de milliers de cents noirs aplatis par le passage du train et rivetés l’un à l’autre par l’artiste elle-même pour former une trajectoire organique et fluide, qui rappelle celle du chemin de fer.
Arrivée au Canada à l’âge de 13 ans, l’artiste d’origine taïwannaise habitait une maison à Laval, à côté de la voie ferrée. Déposer des pièces sur les rails, les chercher et les retrouver, est une expérience d’enfance partagée par les enfants habitant proche du chemin de fer, un jeu ludique qui évoque pour l’artiste des souvenirs heureux.
En dessous et légèrement décalée, une ombre en acier émaillé reflète, dédouble et transforme la première forme car, au-delà de sa beauté éthérée, la dualité présente dans As above so bellow évoque les tensions entre l’attrait précieux du cuivre et la face obscure de l’extraction des ressources, entre produit et labeur, beauté de surface et coût caché. L’œuvre incarne également les histoires d’exploitation qui hantent le chemin de fer du Canadien Pacifique, telles que l’exportation des ressources naturelles, la discrimination subie par les travailleurs chinois et l’emprise coloniale sur les territoires autochtones. Ainsi le titre de l’œuvre révèle cette notion de dualité selon laquelle deux éléments contraires ne peuvent exister l’un sans l’autre.
Parallèlement, l’exposition présente trois petits films expérimentaux, réalisés image-par-image à l’aide d’un rétroprojecteur, avec la collaboration d’Oliver Lewis pour la partie sonore. We shift, From Within et To be free (2015) mettent en scène des objets et des éléments organiques mixés à des formes géométriques qui se composent et se décomposent au rythme aléatoire d’un son improvisé. L’artiste joue à assembler de petites saynètes, entre ombre et lumière, qui rappelle des comptines, chantées, parlées ou scandées
Fanny Aboulker, Guimauvé·e-paysage, 2022 © Dorah Claude


